
Un cadre verdoyant orné d’arbustes fraîchement plantés. Photo DNA - Michel Frison
Le cimetière public musulman aménagé en continuité du cimetière sud sera inauguré le 6 février. La communauté accueille comme un symbole fort cet équipement promis par le candidat Roland Ries.
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Des arbustes fraîchement plantés, un bassin décoratif, un bâtiment accueillant bureaux et salles d’ablutions, le tout clos par un mur d’enceintes et un portail orné d’un arbre : le cimetière public musulman qui sera inauguré le 6 février prochain est d’ores et déjà opérationnel.
Réalisé pour accueillir 1 000 emplacements sur deux niveaux, l’équipement arrive, en termes de logistique, à point nommé. Les cinq carrés musulmans du cimetière sud qu’il jouxte ont atteint en 2009 un taux d’occupation de près de 85 %.
« La sépulture sera orientée vers La Mecque et le corps enterré sur le côté droit »
« Roland Ries avait promis un cimetière à la communauté. Quand j’ai pris le dossier, j’ai réalisé que depuis la création des carrés en 1973, personne ne s’était occupé des problèmes concrets qui étaient apparus. Et qu’on avait laissé s’installer une situation dérogatoire au droit commun, à l’antithèse de notre conception du vivre-ensemble », avance Anne-Pernelle Richardot.
Les carrés musulmans se trouvaient, de fait, exonérés d’exhumations. En effet, dans les pays de tradition musulmane, les municipalités mettent les concessions gratuitement à disposition des familles pour une durée indéterminée. L’exhumation des corps y est donc aussi rare que peu recommandée par la tradition.
Pour ne froisser personne, les 900 et quelque concessions des huit carrés musulmans strasbourgeois sont restées perpétuelles, alors même que les concessions à durée limitée mais renouvelables devenaient la règle.
Une situation pour le moins problématique. « Au moment de la Toussaint, les préposés des cimetières devaient expliquer aux gens qu’il y avait deux poids deux mesures, c’était intenable », pointe Anne-Pernelle Richardot.
La Ville a donc entamé les discussions avec le conseil régional du culte musulman (CRCM) et un comité de pilotage réunissant différentes associations musulmanes. Pour aboutir en 2009 à un texte de consensus cadrant la gestion des carrés musulmans et fournissant la base réglementaire nécessaire au futur cimetière.
Votée à l’unanimité au conseil municipal, signée par le maire Roland Ries et Driss Ayachour, alors président du CRCM, le texte propose aux fidèles musulmans des concessions classiques. Et ouvre la voie aux exhumations en cas d’abandon de la concession, en garantissant notamment que les restes mortuaires ne seront pas incinérés, mais placés dans un ossuaire spécifique.
Pour le reste, le texte aujourd’hui repris dans le règlement du cimetière garantit « que la sépulture sera orientée vers La Mecque et que le corps est enterré sur le côté droit », détaille Driss Ayachour.
Les carrés « vont continuer à fonctionner » après la mise en service du cimetière, précise Anne-Pernelle Richardot. Et « on ne touchera pas à l’existant », ajoute l’élue — pas question donc que les nouvelles règles aient un effet rétroactif.
Mais « la majorité des fidèles va vite opter pour le cimetière public musulman, estime Driss Ayachour. Les carrés peuvent suffire dans les petites communes de la CUS. Dans les grandes agglomérations, un cimetière me semble la meilleure solution. Et un signal fort en direction de la communauté ».
A noter, les cimetières confessionnels à gestion municipale ne sont possibles qu’en Alsace Moselle, du fait du régime concordataire. « Si l’islam ne fait pas partie du Concordat, on le traite sur un pied d’égalité avec les autres religions », précise Anne-Pernelle Richardot. La Ville a investi près de 800 000 euros dans le cimetière public musulman.
par Manuel Plantin, publié le 18/01/2012 à 05:00
Strasbourg Pompes funèbres musulmanes « 95 % de rapatriements » pour l’instant

Le cofondateur des Pompes Funèbres Musulmanes, Abdelmajid Lakhel. Photo DNA – Jean-Christophe Dorn
Fondées en 1994, les Pompes Funèbres Musulmanes sont une entreprise familiale. « 95 % des prestations » qu’elle assure concernent des rapatriements de défunts vers leurs pays d’origine. Cela pourrait évoluer avec la création du cimetière musulman.
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Mauricette et Abdelmajid Lakhel gèrent leur petite entreprise de pompes funèbres depuis seize ans. Basées à Oberhausbergen, les Pompes Funèbres Musulmanes (PFM) accueillent chaque année de soixante-dix à quatre-vingt-quinze familles ayant perdu des proches. Particularité des PFM : comme leur nom l’indique, elles accueillent des musulmans qui souhaitent que leurs défunts soient pris en charge dans le respect des rites spécifiques à cette religion. « Nous venons en complémentarité des autres entreprises de pompes funèbres, au service de la communauté musulmane. Les familles n’ont pas toujours le choix du prestataire ; parfois, elles dépendent de leurs assurances qui désignent une entreprise », explique Abdelmajid Lakhel. « À l’heure actuelle, dans 95 % des cas, nous opérons le rapatriement des défunts vers leurs pays d’origine.»
Le cimetière musulman, « complémentaire et très important »
« Nous sommes tributaires des avions et c’est devenu très compliqué depuis la baisse du trafic aérien à partir de Strasbourg-Entzheim (consécutive à l’essor du trafic TGV). Nous devons parfois acheminer les corps par la route vers Francfort, Lyon ou Paris », indique le responsable des PFM. « Vu qu’elles ne disposaient pas d’un cimetière, les familles musulmanes se montraient réticentes. Mais cela va changer », poursuit Abdelmajid Lakher. Les rapatriements vers le Maghreb, la Turquie et différents pays d’Asie devraient diminuer dans les prochaines années. « Le nouveau cimetière musulman est complémentaire (des carrés existants) et très important. Se recueillir sur une tombe aide les proches dans le deuil. C’est très important pour leur équilibre psychologique. J’ai vu des enfants déboussolés lorsque les parents défunts étaient rapatriés », poursuit M. Lakher. La création du cimetière musulman devrait ainsi aider les vivants à accomplir le travail de deuil.
par P.Séjournet, publié le 18/01/2012 à 05:00
SOURCE DNA.fr
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