

De g. à d. : Saïd Aalla, président de la Grande mosquée de Strasbourg, Paul Maechel, représentant l’architecte Paolo Portoghesi, Driss Ayachour, président du Conseil régional du culte musulman d’Alsace, Mohammed Moussaoui, président du CFCM, et Olivier Bitz, adjoint au maire délégué aux cultes. Photo A. F.
Mohammed Moussaoui, président du Conseil français du culte musulman (CFCM), était hier, à Strasbourg. Il a notamment rencontré les représentants des autres cultes de la région et a visité le chantier de la Grande mosquée du Heyritz.
Mohammed Moussaoui, avant de vous rendre sur le chantier de la Grande mosquée, vous avez rencontré en premier Mgr Jean-Pierre Grallet…
Oui, c’était un échange très fraternel — comme les autres d’ailleurs. Nous avons fait le tour du dialogue interreligieux à Strasbourg, qui est très fructueux et qui promet beaucoup. Je pense qu’il peut être un exemple au niveau national sur la solidarité et la fraternité qui règnent ici entre les représentants des cultes.
L’Université de Strasbourg propose depuis la rentrée 2009 un master en islamologie. Cela permettra-t-il à l’islam de se faire une place dans le paysage cultuel en Alsace ?
Oui. Le fait de permettre à l’islam d’intégrer l’université et d’offrir la possibilité à des personnes qui souhaitent découvrir la religion musulmane dans un espace autre que celui de la mosquée me paraît très important.
Depuis une semaine, le recteur de la mosquée de Paris est placé sous protection rapprochée. En est-il de même pour vous ?
La réponse est simple : non.
Êtes-vous inquiet des menaces terroristes qui planent actuellement sur la France ?
Oui, nous ne pouvons qu’être inquiets, tout en appelant à la vigilance et en demandant aux musulmans de France de marquer aussi fermement que possible leur désapprobation à l’égard d’actes qui sont commis au nom de leur religion. Le CFCM ne peut que constater d’une façon amère que des personnes se réclamant de la religion musulmane puissent commettre des actes terroristes au nom de cette religion de paix. Je continue de rappeler que l’usage quelquefois abusif du terme « islamiste », même s’il a pris une certaine autorité dans le langage, crée de la confusion dans les esprits. Et paradoxalement, il colle les terroristes aux musulmans. Je pense que la meilleure façon de faire, c’est de les isoler et de ne pas les rattacher à l’islam. Il n’y a aucune raison de rattacher un criminel, un terroriste à une religion, quelle qu’elle soit.
Propos recueillis par Aurélie Feix
L'Alsace du 23/09/2010